Allez, cette année c’est décidé vous faites le tri.

Vous supprimez de votre environnement, au sens propre ou figuré, toutes ces personnes avec qui il est devenu pénible de travailler : celui qui ne prends pas ses responsabilités, celle qui procrastine sur les sujets essentiels et ceux qui prennent des pauses pour regarder la neige tomber !

2026, l’année du tri…

Qui n’a pas rêvé de travailler uniquement avec des équipes performantes ?

Une ambiance sereine où chacun fait sa part, anticipe les difficultés, contribue avec intelligence.
Des réunions utiles, dont on ressort avec des décisions claires.
Des collaborateurs engagés, porteurs de vision, force de proposition.
Une charge de travail réellement partagée.

Bon. Nous ne sommes plus en décembre. La liste au Père Noël est close. Et vous êtes de retour au travail.

Vous savez qu’il va falloir composer.

Mais il existe peut-être, pour 2026, une piste plus stratégique à explorer.

Paul Watzlawick, figure majeure de l’école de Palo Alto, formulait cette idée devenue célèbre : le problème, c’est la solution.

Autrement dit : si un problème humain perdure, ce n’est pas faute d’avoir essayé de le résoudre,
c’est parce que les tentatives de solution mises en place contribuent à le maintenir.

Jusque-là vous me suivez hein ?

Si votre difficulté avec Jacques, qui ne prend pas ses responsabilités, dure depuis des mois, ce n’est probablement pas par manque d’efforts de votre part.
C’est parce que les solutions testées — pourtant nombreuses — n’ont pas produit l’effet attendu.

Je vous entends déjà : « Non, le problème, c’est Jacques. Il est incapable de prendre ses responsabilités. C’est lui le problème ! »

Oui, vous avez encore certainement raison, sauf que…si je questionne Jacques, il me dira qu’il n’a aucun problème.

Le problème, c’est vous qui l’avez.

Jacques continue à produire des rapports incomplets ou erronés, en expliquant que Martine ne lui fournit pas les bonnes données (tout le monde le sait).
Sauf que c’est vous qui présentez le rapport en comité.
Et vous n’avez ni le temps ni l’alternative pour reprendre l’ensemble des données avant la deadline.

J’ai une bonne nouvelle, en 2026, vous allez pouvoir explorer d’autre tentatives de solutions.

Si on résume la situation :

Problème : Jacques remet un rapport faux ou incomplet (quasiment systématiquement).

Tentatives de solutions : Vous lui demandez de vérifier ses données. Vous lui exprimez votre inconfort. Vous lui fixez des objectifs de rigueur.

Résultat : Le rapport reste incorrect, Vous corrigez, Vous sauvez la situation.

Et le système se répète

La question stratégique devient alors : que pourriez-vous faire pour que votre problème devienne celui de Jacques ?

Je ne détaillerai pas ici toutes les options possibles. Il y a peut-être notamment (ou pas) les possibilités de le laisser présenter lui-même le rapport, lui demander de le refaire 6 fois sans indiquer où se situent les erreurs, l’obliger à expliciter précisément ses contrôles de données à l’aide d’une checklist formalisée…
(Ici, contrairement à Mary Poppins, on n’a pas de baguette magique. Les situations sont toutes différentes et dépendent notamment des solutions déjà testées, des solutions possibles qui sont stratégiquement différentes de celles déjà utilisées…Le regard externe d’une personne qui connait les stratégies Palo Alto peut être aidant.)

Votre intervention consiste donc à déplacer la charge du problème en modifiant la règle implicite du système.

Votre atout, en 2026, n’est pas de convaincre davantage, mais de changer votre manière d’intervenir, afin que Jacques ait enfin une bonne raison de résoudre ce qui, jusqu’ici, ne le concerne pas vraiment.

C’est exactement le même mécanisme que cette mère qui en a assez de refaire le lit de son fils chaque matin, et qui décide un jour d’y déposer quelques miettes en faisant le lit. Après trois expériences, le lit est fait. Durablement.

Alors non, en 2026, on ne fait pas le tri dans ses équipes. On fait le tri dans ses tentatives de solution.

On cesse de répéter ce qui entretient les problèmes relationnels.
On accepte de déplacer sa posture, même légèrement, pour provoquer un changement systémique.

Je vous souhaite, pour cette nouvelle année :

  • moins de combats inutiles,
  • plus de lucidité stratégique dans vos interactions,
  • et des transformations concrètes là où, jusque-là, « rien ne marchait ».

Très belle année 2026 à vous